Pour illustrer l’évolution de l’industrie lourde au cours des dernières années, l’image du développement organique s’est imposée. Aujourd’hui, les grandes entreprises qui veulent se développer doivent prendre en compte des enjeux qui n’existaient pas il y a quelques années. Ce développement a quelque chose d’organique dans sa manière de puiser peu à peu dans différentes sphères qui par ramification peuvent créer de la valeur à l’entreprise. La sphère environnementale est une de première importance pour l’industrie lourde et s’est en faisant entrer l’écologie industrielle dans ses plans de développement que l’industrie peut créer des occasions d’affaires et diminuer ses impacts environnementaux. Le modèle d’évolution de la compagnie Rio Tinto, Fer et Titane peut facilement se transférer à l’ensemble des industries lourdes.
Rio Tinto a débuté ses activités dans les années 50 par la découverte d’un grand gisement de minerai, l’ilménite à Havre St-Pierre. Dans les années 60, des avances technologiques permettent à la compagnie d’augmenter sa production. À cette époque, aucun cadre environnemental n’est en place.
C’est dans les années 70 qu’un vent de changement s’amorce dans les façons de faire et influence les pratiques. La création de plusieurs organismes gouvernementaux (santé et sécurité au travail et environnement) permet la mise en place de programmes de contrôle comme la réduction d’émissions atmosphériques et la réduction du bruit dans l’usine.
Les années 80 sont le début de la démarche de l’écologie industrielle. C’est à ce moment que la compagnie prend part à la première phase du plan Saint-Laurent et qu’elle décide de valoriser ses résidus en partenariat avec une autre entreprise.
Dans les années 90, Rio Tinto innove avec un procédé d’enrichissement du bioxyde de titane, une nouvelle usine est mise en place. Pour ce faire, un programme d’assainissement des eaux débouche sur la construction d’une usine de traitement des eaux qui vaudra à l’entreprise un mérite environnemental décerné par le ministère. Mais un des plus gros projets est la récupération du gaz CO émis par l’usine. Ce projet permet de réduire la consommation du gaz naturel du complexe et, du même coup, les émissions GES. Dans les années 2000, la compagnie poursuit ses actions en améliorant ses performances environnementales. ISO 14001 devient le système de gestion environnemental. La compagnie participe à l’agenda 21 local que la ville de Sorel Tracy a mis en place et elle continue à réduire ses émissions de poussières.
Donc, l’écologie industrielle permet depuis de nombreuses années d’intégrer les aspects économiques et environnementaux aux activités de la compagnie. Grâce à cette démarche, Rio Tinto a su se donner les outils pour faire face aux nouveaux défis, en commençant par les changements climatiques.
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