En France, l'intérêt pour l'écologie industrielle est grandissant. On le constate par une plus grande participation et une assistance des acteurs universitaires, industriels, politiques et socioéconomiques au lancement d'initiatives d'écologie industrielle sur le territoire français. Depuis 2007, l’écologie industrielle fait partie des stratégies retenues dans le cadre du groupe de travail nº 6 du Grenelle de l’Environnement : « Promouvoir des modes de développement écologiques favorables à la compétitivité et à l’emploi ». Les participants à ce groupe proposent de « Promouvoir une véritable économie circulaire ».
Créé en 2004, Systèmes Durables offre un transfert de technologie et de compétences efficace de la recherche vers les industrielles, les collectivités, les chambres consulaires et les aménageurs de zones d’activité dans le domaine du développement durable. L’objectif de l’outil informatique est de colliger les bilans de flux entrants et sortants des entreprises d’un territoire et de rechercher un maximum de pistes de synergies éco-industrielles en un temps limité. Ses activités se structurent autour de trois domaines soit l’écologie industrielle, l’évaluation environnementale et l’écoconception. Le système possède également une forte activité de R&D. En France, la pratique est liée au concept de réseaux éco-industriels et à la recherche de synergies éco-industrielles. Il s’agit donc de boucler les flux de matières et d’énergie des entreprises à l’échelle d’un territoire.
Les étapes d’un projet type sont :
- l’identification des acteurs clés et de leurs propriétés;
- l’élaboration d’une stratégie de communication (nécessaire pour le bon développement du projet);
- l’étude du potentiel du système (analyse des bilans; flux entrants/sortants des entreprises participantes et recherche de synergie possible);
- la pérennisation et développement de la démarche (organisation du réseau constitué).
La mise en œuvre des synergies éco-industrielles consiste à identifier les synergies potentielles. Cette information particulière n’existe pas naturellement, mais sous forme de relations client-fournisseurs. De plus, il faut mobiliser une entité afin de caractériser les flux de matière et d’énergie circulant au sein d’un territoire donné.
La démarche d’écologie industrielle apporte des réponses aux enjeux des collectivités : elle donne de la substance à une démarche de développement durable; elle renforce le secteur local de l’environnement (filières éco-industrielles, etc.) ; elle réduit les pollutions locales et les nuisances; et enfin, elle améliore l’image et renforce l’attractivité du territoire. On retrouve aussi des retombées au chapitre de l’emploi en générant des emplois innovants, en développant de nouveaux métiers liés à la gestion environnementale et en relocalisant les activités à proximité de ressources primaires ou secondaires nouvellement identifiées. Finalement, la démarche permet aussi d’améliorer les zones d’activité et les entreprises, de réaliser ainsi des économies d’échelles, de réduire les coûts de traitement des déchets, de générer de nouveaux revenus par la vente de sous-produits qui peuvent améliorer la compétitivité grâce à une valeur ajoutée environnementale et qui rehaussent l'image de l'entreprise.