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L’écoconception : quels retours économiques pour l’entreprise?
Guy Belletête
Institut de développement de produits
Directeur général

L’écoconception : quels retours économiques pour l’entreprise?
Texte rédigé par Jennifer Pinna
Compte rendu de conférence


« Doing well by doing good ». Ces paroles sont du célèbre industriel Ray C. Anderson. Depuis, la preuve a été faite que développement durable, activité économique et profit ne sont pas incompatibles. Le Green New Deal a la cote. La pression exercée sur les marchés internationaux par le développement durable n’a jamais été aussi forte. L’Europe, l’Asie et même les États-Unis mettent en place des législations afin de responsabiliser les fabricants à la gestion des objets en fin de vie

Au Québec, la Loi 118 sur le développement durable, entrée en vigueur en 2006, instaure 16 principes, telles la protection de l’environnement, l’internalisation des coûts et l’efficacité économique. Ce cadre légal sera-t-il suffisant pour motiver les entreprises à mettre en pratique les préceptes du développement durable, condition devenue sine qua non pour participer aux chaînes d’approvisionnement mondiales ?

Une solution a été avancée : l’écoconception, un outil permettant de conjuguer l’impératif de la rentabilité et la sensibilité environnementale des industriels. L’écoconception est un « processus d’intégration des aspects environnementaux dans la conception et le développement de produits qui a pour objectif la réduction des impacts environnementaux des produits, tout au long de leur cycle de vie ». Si agir sur les systèmes de production semblait être la solution tout indiquée pour faciliter le passage à de nouvelles façons de faire, la rentabilité de l’écoconception restait à démontrer. 

Pour répondre à cette question, l’Institut de développement de produits réalisait, en 2008, l’étude Écocnception : quels retours économiques pour l’entreprise? en collaboration avec les chercheurs de l’École Supérieure de Commerce et de Management de Lyon (France) et le Centre interuniversitaire de recherche, de liaison et de transfert des savoirs en analyse des organisations de Montréal. L’objectif était de convaincre les industriels de la valeur économique de l’écoconception.

Avec la participation de 30 entreprises volontaires, l’étude menée sur une période de 18 mois a évalué des paramètres comme la baisse d’impacts sur l’environnement, les difficultés rencontrées durant la démarche d’écoconception et l’impact sur les profits. 

Les résultats de l’étude sont encourageants : économie sur les matières premières utilisées, plus de ventes, impact positif sur l’image et la notoriété de l’entreprise, plus de produits à marge bénéficiaire positive, etc. Malgré l’augmentation des frais de recherche et développement et de commercialisation, 28 entreprises sur 30 affirment que l’écoconception a contribué à l’augmentation des profits.

Les retombées positives de l’écoconception motivent les entreprises à développer leur créativité vers une production entièrement écoconçue.

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