Le polystyrène est un produit dérivé du pétrole. Il se retrouve partout : dans les objets de décoration, les emballages alimentaires, les granules de protection et d’isolation.
Il est fait à partir de sous-produits dont le benzène et l’éthylène obtenus à partir du vapocraquage du naphta. Le polystyrène nécessite seulement 0,1 % du pétrole brut pour sa fabrication. Ce produit a de grandes qualités soit d’être hydrophobe et d’avoir une facilité à se produire en mousse, en plus d’être disponible en abondance à prix très bas. C’est une matière légère qui présente d’excellentes performances thermiques et acoustiques. C’est un plastique non toxique et non cancérigène.
Par contre, le polystyrène est un produit difficilement recyclable et il est la plupart du temps envoyé à l’enfouissement. Il faut tenir compte que mondialement plus de 25 millions de tonnes de polystyrène sont produits par année et que, seulement au Québec en 2001, près de 53 000 tonnes furent produites et utilisées alors que 18 000 tonnes ont été enfouies. Le polystyrène comporte plusieurs limites à la récupération : le produit étant très léger, son coût de transport est élevé; les produits présentent une grande diversité et la volonté politique pour promouvoir sa récupération est absente.
Le coût de l’enfouissement est faible, soit environ 60 $ la tonne. Pour réduire les coûts, il faut optimiser le transport en augmentant la masse volumique du produit en le broyant, en le compactant et en le granulant. Un camion de 120 mètres cube peut contenir 500 kilogrammes de polystyrène. Après un simple broyage, on en obtient 1 tonne; après 30 à 40 broyages, on atteint 15 à 20 tonnes; après 50 broyages, on obtient 25 tonnes de polystyrène re-granulé. Les coûts de l’équipement pour permettre d’augmenter la masse volumique au transport varient entre 10 000 et 800 000 $.
Plusieurs solutions de recyclage existent déjà. La réutilisation permet la fabrication de caissons isothermes. Le broyage et le compactage permettent de faire des produits pour le bâtiment et l’emballage. L’extrusion permet de faire des produits en plastique rigide. Les procédés biochimiques, quant à eux, fonctionnent par bactéries spécifiques. Un procédé de dissolution peut enlever la couleur et former une pâte. Cependant, aucun usage n’a été trouvé pour ce nouveau produit.
Finalement, la grande question est de savoir si l’on peut envisager un système de récupération du polystyrène au Québec. Les volumes sont là, des techniques existent et le polystyrène recyclé a de bonnes propriétés. Cependant, il y a des désavantages : les coûts de transport sont élevés, alors que les coûts de production et d’enfouissement sont faibles; de plus, le polystyrène subit l’exclusion des programmes de collecte sélective.
Pour atteindre l’objectif du système de récupération, il faut prendre en considération le type et l’organisation de la collecte, la participation des centres de tri, les traitements adaptés au polystyrène en fonction de sa couleur, de son type et de son état de propreté, et finalement, il faut évaluer les coûts de traitement et les bénéfices.
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