Ce projet a été effectué pour un abattoir industriel de veaux situé au Québec. L’entreprise génère 3700 tonnes de résidus animaux qui sont coûteux à traiter par incinération (jusqu’à 350 000 $/année). Les viscères et le sang sont difficiles à valoriser en matière compost ou à éliminer. La digestion anaérobie (sans oxygène) présente une avenue de prétraitement à l’incinération, capable de réduire leur masse à traiter annuellement. La disposition des résidus est plus facile sous la forme d’un digestat (résidu boueux moins odorant qui peut être utilisé comme MRF). Le processus de digestion est possiblement un générateur de biogaz valorisable énergétiquement pour l’entreprise. La digestion anaérobique consiste en trois étapes : une fermentation durant laquelle des bactéries transforment la matière; l’action de bactéries acétogènes dont le produit (l’acétate) sera utilisé par les bactéries méthanogène et la création du méthane (biogaz) qu’on trouve avec le disgestat en tête de procédé. L’établissement consomme une importante quantité de gaz naturel (400 000 m³) durant ses opérations. Ce procédé a été privilégié, car il crée des occasions de développer l’image verte de cette entreprise et lui permet de réaliser des économies.
Le projet avait pour but de bâtir une chaîne de traitement destinée à préparer et transformer les viscères et le sang dans une échelle industrielle courante, à l’exception du réacteur. Ce dernier a été construit selon des règles d’écoconception, pour les besoins de ce procédé appliqué aux résidus. L’évaluation et l’apprentissage de l’utilisation d’un bio-réacteur doivent s’effectuer sur une période suffisamment longue (plus de 30 jours) avant d’être considérés concluants. Le bon fonctionnement du bio- réacteur est dépendant de conditions d’opération contrôlées comme le temps de résidence des matières, leur brassage, les fluctuations de la concentration d’azote, l’enchaînement de séquence d’alimentation de chaque type de résidus et sa température contrôlée (sous 35°C). Les résidus doivent être prétraités (proportions définies de viscères et de sang ainsi qu’un broyage au hachoir) afin de faciliter leur pompage et un bon contact avec les bactéries du digesteur. Le processus de digestion à température mésophile (sous 35°C) a été examiné sur des durées de 40,78 et 160 jours.
La quantité et la concentration du méthane obtenu sont suffisantes pour couvrir plus du double (900 000 m) des besoins annuels en gaz naturel de l’établissement. Le digestat qui restera à traiter comme résidu aura une masse de 7 tonnes, ce qui correspond à 15% de la masse originale de résidus à gérer. Cette réduction permettrait des économies sur le traitement à l’incinération. Le volume du réacteur requis serait de 6600 m fonctionnant sur des temps de résidence de 160 jours. Le procédé devrait être amélioré en réduisant le temps de résidence et le contrôle du taux d’azote. Le rendement de l’investissement sur une installation de production de biogaz pour cet établissement pourrait s’effectuer après 7 à 8 ans selon les estimations relatives au coût de l’électricité actuelle québécoise.
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